fbpx

Le cloud computing : nouvelle disruption technologique majeure

Le cloud computing repose sur l’utilisation de la puissance de calcul ou de stockage de serveurs informatiques distants par l’intermédiaire d’Internet. Ces serveurs sont loués de façon extrêmement flexible, à la demande, le plus souvent suivant un type d’utilisation ou des critères techniques précis. Au fil de ces dernières années, ce cloud computing est devenu une technologie d’entreprise essentielle et a fortement participé au développement du streaming vidéo. Avec l’avènement annoncé de l’Internet des objets (IoT), nul doute que ce segment de l’informatique jouera un rôle principal dans nos vies, nos organisations et nos carrières. Avec quelles opportunités pour l’investisseur ?

En note préliminaire, le rédacteur signale ne pas être actionnaire des entreprises, ETF ou fonds cités à titre d’exemple dans cet article. Ce dernier n’est en aucun cas une incitation à l’achat ou à la vente des actions, fonds ou ETF cités.

Si cet article vous plaît, n’hésitez pas à faire un don en cliquant sur le bouton ci-dessous :Bouton don Paypal

Le cloud computing, qu’est-ce ?

Dans sa forme la plus simple, nous pouvons définir le cloud comme un espace immobilier virtuel. Ainsi, le cloud computing permet aux utilisateurs de stocker et d’accéder à des fichiers sur Internet plutôt que sur un disque dur. Cette technologie relativement nouvelle permet un accès plus décentralisé, rapide et mobile aux données numériques. Au début de la digitalisation des entreprises, le besoin de plus en plus de matériel informatique et d’une multitude d’applications logicielles a vite permis au cloud computing d’acquérir un avantage

Illustration cloud computing
Utilisez-vous Dropbox, Google Drive ou encore iCloud ? Si c’est le cas, vous êtes déjà, peut-être sans le savoir, un utilisateur du cloud computing. Ceci, au bénéfice d’une entreprise de cloud computing, que le service soit gratuit ou payant (source de l’illustration).

Comme l’expliquait récemment le gestionnaire de fonds Franklin Templeton, à propos de son portefeuille technologique :

« Le cloud constitue une des principales expositions avec 15% des actifs sous gestion […] C’est un marché énorme, susceptible d’atteindre entre 1.000 et 3.000 milliards de dollars durant les prochaines années. »

L’avantage pour l’utilisateur est qu’il peut accéder à ses données enregistrées de n’importe où et via n’importe quel périphérique. Le streaming comme proposé par Spotify se base ainsi sur ce cloud. Pour les entreprises et les professionnels, le cloud permet d’accéder à un serveur du bureau, de chez soi ou en déplacement, sans avoir à s’inquiéter de sa maintenance. Ceci augmente la productivité de l’entreprise ou du professionnel.

Vous aurez sans doute compris où nous voulons en venir : le cloud computing est un outil de masse, utilisé tant par l’utilisateur lambda (pour regarder un film, écouter de la musique ou lire ses mails) que par le monde professionnel. Ce faisant, il s’agit d’un vivier très riche d’opportunités de réaliser des bénéfices en proposant des services, des infrastructures, etc.

Investir dans le cloud computing

D’après un rapport du magazine Forbes, les dépenses en cloud computing ont presque été multipliées par cinq entre 2009 et 2017, et sont encore amenée à croître significativement d’ici 2020 ce qui entraînera une augmentation des dépenses en cloud computing de près de 100 milliards de dollars. De 67 milliards de dollars en 2015 à … 162 milliards de dollars en 2020, ce qui représente 240% d’augmentation en à peine 5 ans. Ce sont ces chiffres qui laissent à penser que le Cloud computing constitue une piste d’investissement d’intérêt lorsqu’il est question d’investir dans le secteur des technologies de l’information.

growth-of-cloud-computing
Évolution et prévision des dépenses dans le cloud computing entre 2015 et 2020 (Source de l’infographie)

Avec une croissance exponentielle des services basés sur le cloud, le moment reste des plus propices pour investir dans des entreprises du cloud, pour peu que l’investisseur prenne le temps de cerner les entreprises concernées, de comprendre ce qui est impliqué, ce qui est le moteur de la croissance dans ce secteur.

Amazon, entreprise qu’il n’est plus nécessaire de présenter, a été la première grande entreprise à se lancer dans le domaine avec sa division Amazon Web Services (AWS). En bref, le géant du commerce électronique mis à profit l’espace disponible sur ses serveurs en le louant à un prix mensuel. En 2018 AWS représentait $25.7 milliards de dollars dans les bénéfices de l’entreprise, en hausse de 47% par rapport à 2017. Le service héberge à peu près 5% de l’ensemble des sites sur Internet. Par la suite, au vu du succès d’Amazon et d’AWS, d’autres acteurs comme IBM (qui a récemment racheté Red Hat, une entreprise qui touche au cloud computing), Microsoft, Google ou plus récemment Alibaba sont entrés sur le marché.

Chaque entreprise tente de proposer des solutions de stockage, des logiciels et des services selon des modalités qui leur sont propres, avec des tarifications diverses. Chez ces entreprises, le cloud reste cependant une activité parmi d’autres, un relais de croissance parmi d’autres qui a le mérite de répondre à un besoin, une demande. À la clé, des liquidités « faciles » et récurrentes pour les comptes de l’entreprise.

Les perspectives attrayantes détaillées plus haut et la diversité d’intervenants font de ce domaine l’un des plus dynamiques du secteur technologique. L’adoption du cloud a considérablement augmenté ces dernières années et nuls doutes qu’il s’agit là d’une tendance amenée à durer. De nombreuses entreprises s’empressent de migrer vers le cloud, estimant qu’il va de pair avec l’innovation. Via le cloud et son accès facile à la puissance de calcul qu’il abrite, des possibilités d’avenir excitantes et diverses s’offrent à tous, particuliers comme entreprises. Déjà, aux côtés des grands acteurs cités plus haut, tout un écosystème de start-ups est en train de naître. L’émergence du cloud est une rupture technologique majeure.

Les sous-secteurs où investir

Multimédias et divertissements : l’exemple du cloud gaming

Aux côtés de la vidéo à la demande (par exemple Netflix) ou de la musique à la demande (comme Spotify) se développe actuellement un troisième créneau majeur du média de divertissement basé sur le cloud : le jeu à la demande (cloud gaming). Ce dernier repose sur une technologie similaire à la vidéo à la demande et permet déjà, à l’heure actuelle, de jouer à des jeux vidéo sur son écran d’ordinateur ou sa télévision alors que celui-ci tourne sur des serveurs à distance.

Il y a quelques jours, la toute nouvelle plateforme de cloud gaming de Google, baptisée Stadia, a été révélée au grand public, preuve supplémentaire que le marché du jeu à la demande suscite suffisamment de promesses de bénéfices pour qu’un géant de la tech décide de s’y lancer. Google a annoncé son intention de redresser ce marché de 140 milliards de dollars dominé par Sony et Microsoft avec un nouveau service de streaming qui permettra aux utilisateurs de jouer à des jeux haut de gamme sans avoir à acheter des consoles ou des ordinateurs coûteux. Google a déclaré qu’il s’agissait d’une « plateforme de jeu pour tout le monde ».

Le service devra faire face à une concurrence potentiellement rude de la part des éditeurs de jeux et de concurrents tels qu’Amazon et Microsoft, ce dernier misant beaucoup sur le développement du cloud gaming. Quoi qu’il en soit, cet énième service ajoute une corde à l’arc déjà bien fourni de Google, ce qui pourrait générer plus de revenus pour l’entreprise.

D’après des chiffres récents, l’industrie des jeux vidéo aurait généré un peu moins de 135 milliards de dollars en 2018, soit une augmentation de 10,9% par rapport à 2017. Le secteur, qui croît à un taux à deux chiffres, devrait atteindre 180 milliards de dollars d’ici 2021, de plus en plus de personnes jouant à des jeux ce qui contribue à cette croissance. Il y a fort à parier que le cloud gaming jouera un rôle prépondérant dans cette croissance, de quoi générer des revenus appréciables pour toute entreprise qui s’y retrouvera impliquée. Encore faudra-t-il que les infrastructures suivent (voir plus bas) pour permettre au cloud gaming d’exister dans de bonnes conditions !

Quelques exemples d’entreprises actives dans le cloud gaming :

Sony, Nvidia, Tencent Cloud, Alphabet, Amazon, Blade Group (non cotée).

Serveurs et stockage : le hardware qui permet l’existence du cloud computing

Grâce au cloud computing, il est aisé, via un simple ordinateur et un smartphone, d’accéder à ses fichiers en ligne. Ce faisant, les besoins en espace de stockage physique (via des disques durs ou des clés USB de stockage) sont amoindris, quand ils ne sont pas abolis. Des entreprises comme Western Digital ou Seagate ont évolué de concert avec l’essor de l’informatique et des besoins en stockage, cependant le cloud a fait fondre le cours des actions de ces entreprises au fond de commerce rendu obsolète. D’autres, comme IBM ou Dell, ont su judicieusement réorienter leurs activités pour accompagner la tendance, se spécialisant dans les serveurs qui hébergent le cloud, dans les services web ou l’analyse des données stockées dans le cloud.

Quelques exemples d’entreprises actives dans les serveurs et le stockage :

IBM, Dell Technologies , Intel, Micron Technology.

Logiciels et services : les softwares qui se greffent sur le cloud

Le cloud constitue une formidable opportunité de croissance aux éditeurs de logiciels et de services. Le « software as a service » (SaaS) est un modèle de distribution de logiciels dans lequel un fournisseur tiers héberge des applications et les met à la disposition des clients via Internet et le cloud, en général au travers d’un abonnement. C’est l’une des composantes majeures du cloud computing, aux côtés du « infrastructure as a service » (IaaS) et du « platform as a service » (PaaS). Avec le SaaS, les fournisseurs de services cloud hébergent, gèrent et s’occupent de la maintenance des logiciels et services qu’ils proposent. Les exemples ne manquent pas, celui qui parlera au plus grand nombre étant probablement Office 365, la dernière version de Microsoft Office reposant sur un ensemble de services cloud par abonnement.

Le passage des logiciels classiques aux SaaS a permis au secteur de se développer pour devenir l’un des domaines d’investissement les plus en demande de l’informatique depuis de nombreuses années. Entre les nouvelles entreprises en démarrage et les anciens piliers de l’industrie du logiciel qui modifient leurs modèles commerciaux, les possibilités ne manquent pas. Un indice dédié, le BVP Nasdaq Emerging Cloud Index (EMCLOUD), a d’ailleurs été créé pour mesurer la performance de près de 45 actions SaaS.

Quelques exemples d’entreprises actives dans les softwares et services :

Microsoft, Adobe Systems, Veeva Systems, Oracle, SAP, Salesforce, Amazon, Akamai Technologies, VMware, Twilio, Box, Workday .

Équipementiers : sans communications, pas de nuage

Le développement du cloud computing profite à plein aux équipementiers du numérique. Selon le cabinet IDC, le marché mondial de l’équipement d’infrastructure informatique du cloud a bondi de 21,7% en 2017 en atteignant 43,4 milliards de dollars. Un réseau rapide et fiable restera indispensable pour le bon développement du cloud computing au vu de l’augmentation croissante des flux de données. L’IoT tombe pile dans cette problématique : l’IoT et le cloud computing sont intimement liés puisque le premier génère beaucoup de données qui circule grâce aux voies et aux réseaux contenus dans le second. Et bientôt, la 5G, qui devrait être 10 fois plus rapide que la 4G actuelle, ouvrira de nouveaux possibles… Qui ne pourront exister qu’en présence d’un cloud performant, rapide et fiable. Les équipementiers seront les acteurs de l’ombre, ceux qui permettront à tout ce petit monde de tenir debout.

Quelques exemples d’entreprises actives dans l’équipement à destination du cloud :

Cisco Systems, Arista Networks, Ericsson, Nokia, Huawei, F5 Networks.

Foncier côté : l’infrastructure du cloud est bien réelle

Les foncières cotées (REIT) exploitent des propriétés immobilières. Dans le cas présent, leur particularité est qu’elles exploitent l’infrastructure physique qui soutient la croissance de la technologie mobile et du cloud computing dans le monde entier. Qu’il s’agisse d’héberger des serveurs dans d’énormes centres de données, de gérer des tours de communication ou d’exploiter des réseaux de fibres et de câbles enfouis sous terre pendant plusieurs dizaines d’années, à chaque fois, la particularité de ces entreprises est que l’actif physique géré est permanent, durable et correspond parfaitement ce qu’on attend d’un « bien immobilier ».

La croissance du cloud computing devrait continuer à alimenter une demande vigoureuse de services de stockage de données. En parallèle, la croissance des données mobiles, ainsi que le déploiement de la technologie 5G ultra-rapide, offrent un potentiel de croissance pour ces REIT particulières. La montée en puissance des fournisseurs de cloud public à très grande échelle, comme AWS, constitue néanmoins une menace envers ces foncières puisque le contrôle de l’hébergement échappe, dans ce cas précis, à leur contrôle (les ressources virtuelles d’un cloud public étant créées à partir de matériel détenu et géré par l’entreprise proposant le service, dans notre exemple Amazon).

Quelques exemples d’entreprises actives dans l’hébergement de data centers :

Equinix, Digital Realty Trust, CyrusOne, Iron Mountain, InterXion Holding

Investir en pratique

Pour investir dans le secteur du cloud computing, plusieurs possibilités s’offrent à l’investisseur.

Investissement direct

Pour ce faire, vous pouvez vous référer aux listes présentées ci-dessus. Ces dernières, non-exhaustives, devraient vous permettre de réaliser du stock picking ou, tout du moins, d’orienter vos recherches.

Fonds thématiques (gestion active)

La plupart des fonds technologiques vous permettront de vous exposer indirectement au cloud computing, tant les entreprises touchant de près ou de loin à ce secteur de l’informatique sont nombreuses et diversifiées. Elles ont donc toutes les chances de se retrouver dans des fonds technologiques généralistes comme T. Rowe Price Global Technology Fund (PRGTX). Le fond Red Oak Technology Select Fund (ROGSX) paraît tout à fait adapté à la thématique du cloud computing de manière générale, là où le fond Fidelity Select Communications Equipment Portfolio (FSDCX) permettra quant à lui de s’exposer au sous-secteur des équipementiers. Enfin, le fond Fidelity Select Software & IT Svcs Port (FSCSX) vous orientera vers les softwares et les services, même si cette exposition ne sera pas 100 orientée vers le cloud computing.

Composition du fond Fidelity Select Software & IT Svcs Port (FSCSX)
Composition du fond Fidelity Select Communications Equip Portfolio (FSDCX)
Composition du fond Red Oak Technology Select (ROGSX)

ETF (gestion passive)

À l’heure actuelle, il n’existe qu’un seul véritable ETF dédié au cloud computing : First Trust Cloud Computing ETF (SKYY). Ce produit, créé en 2011, est composé d’un peu moins de 30 positions, majoritairement des entreprises américaines à large capitalisation versées dans les secteurs technologiques et des communications. L’avantage de cet ETF est qu’il permet de couvrir les différents sous-secteurs exposés ci-dessus, des spécialistes du stockage de données au SaaS en passant par les équipementiers et le foncier. Une diversification bienvenue dans un secteur hautement compétitif, pour un TER modeste de 0,6%.

Comparaison de l’évolution de l’ETF SKYY et de l’indice technologique Nasdaq Composite. Après avoir sous-performé l’indice pendant plusieurs années, l’ETF le domine depuis début 2018.

On notera, pour être complet, qu’un second ETF dédié au cloud computing a été créé en février 2019, l’AdvisorShares Sabretooth ETF (BKCH). De par son caractère récent, il n’est pas encore possible d’évaluer sa qualité. Prochainement, un troisième ETF, Global X Cloud Computing ETF, devrait être créé. Preuve supplémentaire de l’engouement du secteur financier pour ce thème ?

Conclusion

En détenant des actions dans une entreprise proposant des services dans le cloud, vous pourrez non seulement suivre les dernières tendances qui émergent dans le secteur technologique, mais également tirer profit de la croissance considérable de ce secteur de l’informatique. Cependant, avant d’investir dans le cloud computing, il est toutefois important de bien comprendre les tenants et les aboutissants du secteur, ce qui en constitue le moteur de croissance. Nous espérons que cet article vous aura permis d’en apprendre plus à ce niveau.

Du point de vue de l’investissement, ne pensez pas à investir dans une seule entreprise. Une approche de type fond ou ETF vous permettra d’améliorer votre exposition aux acteurs du secteur, mais il est également intéressant de réaliser du stock picking. Appréhendez le secteur du cloud computing comme une industrie avec plusieurs gros acteurs. Vous pouvez investir dans 2 ou 3 d’entre eux de manière égale, de sorte que votre portefeuille présente à la fois force et équilibre au sein de l’industrie du cloud. Au moment où une entreprise prend la tête, investissez davantage dans son action afin d’être toujours en avance sur votre temps. Attention cependant ! Lors de la sélection d’opportunités d’investissement dans le cloud, il est également important de faire preuve de prudence et d’éviter les entreprises qui prétendent simplement être basées sur le cloud. Prenez le temps d’examiner exactement ce que propose la société et assurez-vous qu’elle n’utilise pas simplement le jargon de l’industrie pour tirer parti de l’intérêt du marché.

Envie d’en discuter sur nos forums ? C’est par ici.

Cet article vous a plu ? N‘hésitez pas à faire un don en cliquant sur le bouton ci-dessous :Bouton don Paypal

Vous ne voulez rien manquer de notre actualité ?

Abonnez-vous à notre lettre d'information :

Vous avez raté nos lettres précédentes ? Vous pouvez les lire dans nos archives.

 

1 réflexion au sujet de “Le cloud computing : nouvelle disruption technologique majeure”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :