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Le marché des green bonds en 2019 : financer les énergies renouvelables, autrement

Dossier spécial : investir dans les énergies renouvelables (3/6)

Green bonds : financer la transition par des obligations vertes

Les obligations vertes (« green bonds »), l’une des plus récentes classes d’actifs dans l’obligataire, ont signé en 2019 une année record. Entre l’émission d’un milliard d’euros d’obligations vertes par le géant italien de l’énergie Enel ou, plus récemment, une obligation verte de 100 ans émises par la SNCF, les obligations vertes finissent enfin par germer un peu partout dans le monde, après un plus d’une décennie d’existence.

Croissance des ventes d'obligations vertes (green bonds) entre 2012 et 2019, par Bloomberg
Les ventes mondiales d’obligations vertes (en milliard de dollars) sont sur le point d’atteindre un record après avoir stagné l’année dernière. La zone noire en 2019 correspond aux émissions prévues d’ici la fin de l’année. Source: Bloomberg.

Mais au fond, qu’entend-on par green bond ? En quoi est-ce différent d’une obligation classique ?

Le principe d’obligation verte

Schéma du principe de green bond / obligation verte
Principe d’un green bond

Une obligation classique représente un emprunt émis sur le marché par une entreprise ou une entité publique auprès d’investisseurs pour lui permettre de financer ses projets. Le terme obligation verte implique que ledit projet contribuera, d’une façon ou d’une autre, à la transition écologique.

Développement de parcs éoliens, amélioration du statut énergétique de bâtiment ou encore gestion durable des déchets et de l’eau : les projets finançables par ce type d’obligations ne manquent pas ! Le caractère « green » de ce type d’obligations obligera, de facto, l’émetteur à fournir un rapport détaillé sur le type d’investissements financés et le caractère vert des projets en question.

Le tout premier green bond a été émis par la Banque européenne d’investissement en 2007. Suivi, l’année suivante par la Banque Mondiale. Emboîtant le pas à ces deux initiatives, états, entreprises ou collectivités ont depuis émis, dépassant pour la troisième année consécutive la barre des 100 milliards de dollars à travers le monde. Et les projets financés sont variés, comme en témoignent ces quelques exemples :

  • Starbucks a émis pour 1 milliard de dollars de green bonds pour soutenir son programme d’achat de café éthique et d’aide aux agriculteurs.
  • Hong Kong a levé un milliard de dollars pour financer des projets de transport propre, d’amélioration de la qualité de l’air et des bâtiments écologiques.
  • La Wallonie, région francophone de Belgique, a reçu des offres pour un montant proche de 3,5 milliards d’euros émanant d’investisseurs institutionnels pour financer ses projets verts à court terme.
  • Engie a émis 1,5 milliard d’euros de green bonds pour financer la transition zéro carbone de ses clients, devenant dans la foulée le premier émetteur corporate d’obligations vertes au monde.

Et c’est justement la France qui se situe en première place du classement des pays émetteurs d’obligations vertes en 2019. Talonnée de près par les États-Unis, la France bénéficie d’acteurs reconnus comme Engie, la Caisse des Dépôts ou encore la SNCF pour venir enrichir son montant d’émission d’obligations vertes chaque année. Et d’après les tendances, cela ne serait que le début. En effet, l’agence Climate Bonds s’attend à ce que le financement vert mondial atteigne le trillion de dollars en 2020, notamment sous l’impulsion de l’Union Européenne qui possède une longueur d’avance dans ce domaine.

Le risque de greenwashing

Cette pratique, qui consiste à se déclarer comme respectueux de l’environnement ou du climat pour tromper l’opinion publique, n’a pas manqué de ternir le secteur des obligations vertes. Certaines émissions de green bonds ont ainsi été décriées par certaines ONG comme étant du greenwashing. C’est là l’un des problèmes actuels de ce segment du marché obligataire : son manque de transparence quant à la qualification « verte » des projets financés. En réponse à cela, des labels (comme Greenfin en France) et des standards ont été créés afin de mieux encadrer l’émission de telles obligations.

Nous recommandons donc de bien se documenter sur les projets qui se cachent derrière une émission d’obligations vertes. Comme pour tout investissement, l’investisseur se doit de savoir dans quoi il investit son argent !

Pourquoi et comment investir dans les green bonds ?

Pièce d'un euro entourée de verdureLa réponse dépendra de votre vision du développement durable et, dans le cadre de ce dossier, des énergies renouvelables. En effet, les obligations vertes n’offrent pas de rendements sensiblement supérieurs à ceux des obligations classiques. On peut donc affirmer que détenir ce type d’obligations dans un portefeuille ne se fait pas au détriment du rendement. Ceci devrait en rassurer plus d’un !

Mais tout investisseur qui cherchera à investir en faveur des énergies renouvelables (de façon stricte ou au sein d’une approche ISR) trouvera dans les green bonds un outil de choix pour diversifier ses actifs. Les faits sont néanmoins là : il existe à l’échelle mondiale une foule de projets en attente de financement, en vue d’offrir une réponse pertinente aux défis énergétiques actuels.

Pour investir dans les green bonds, comme souvent, trois grandes approches s’offrent à l’investisseur particulier.

Investissement direct

Plus compliqué, ce mode d’investissement implique que vous investissiez directement dans des obligations :

  • Soit via le marché primaire : directement lors de l’émission obligataire. Cela ne sera généralement possible que par un intermédiaire financier (votre courtier, votre banque).
  • Soit via le marché secondaire : via un marché de gré à gré. Vous achèterez l’obligation verte aux conditions de marché : selon les variations des taux d’intérêt, le cours de l’obligation pourra être plus bas qu’au moment de l’émission. Comme sur le marché des actions !

Cette voie d’investissement reste réservée aux investisseurs les mieux renseignés sur l’investissement en obligations. Si tel est votre cas, nous vous conseillons de vous rendre sur le site « Environmental Finance Bond Database« , qui recense l’ensemble des obligations vertes émises jusqu’à présent. Devises, maturité, rendement : vous y trouverez tout ce dont vous aurez besoin pour vous renseigner sur un green bond en particulier. De quoi sélectionner les obligations qui seront plus particulièrement dédiées aux énergies renouvelables.

Fonds thématiques (gestion active)

Nous recommandons aux clients qui sont prêts à prendre un peu plus de risques et à se lancer dans les obligations vertes d’investir dans des fonds de placement.

Dirk Van Praet, spécialiste en obligations chez BNP Paribas Fortis

En effet, l’offre de fonds exposés aux green bonds s’est considérablement étoffée ces dernières années. En témoigne le nombre d’entrées dans notre tableau :

Nom du fond/de la partISINDeviseActifs du fondTypePerf. annualiséVolatilitéRatio de SharpeFrais annuelsRisque (SRRI)Note
Allianz Green Bond P10FicheEUR> 100 millions d'eurosDistribution7,15 %2,27 %3,310,47%3Existe sous forme capitalisante (part AT)
Amundi Responsible Investing Green Bonds PFicheEUR> 100 millions d'eurosCapitalisation6,23 %2,43 %2,721,11%3-
AXA World Funds Global Green Bonds AFicheEUR> 100 millions d'eurosCapitalisation0,59 %2,31 %0,411,00%3-
CM-CIC Green Bonds C
FicheEUR> 1 million d'eurosCapitalisation2,30 %1,36 %1,960,30%3-
DWS Invest Green Bonds LDFiche EUR> 10 millions d'eurosDistributionTrop récentTrop récentTrop récent0,86%3-
iShares Green Bond Index Fund DFiche EUR> 100 millions d'eurosCapitalisation7,72 %2,44 %3,310,22%3Hedged
Mirova Global Green Bond Fund N
Fiche EUR> 100 millions d'eurosCapitalisation7,37 %2,58 %3,000,72%3-
NN (L) Green Bond P
Fiche EUR> 1 million d'eurosCapitalisation8,67 %2,96 %3,050,60%3-
Parvest Green Bond Classic
Fiche EUR> 100 millions d'eurosCapitalisation5,00 %1,98 %2,710,88%3-
Les données "performance", "volatilité" et "ratio de Sharpe" sont issues du site Quantalys. Quand différentes parts du fonds sont disponibles aux investisseurs particuliers, celle avec le meilleur ratio de Sharpe est présentée dans le tableau.

Rappelons qu’un bon moyen de juger de l’efficacité d’un fonds repose sur la comparaison des ratios de Sharpe. Ce ratio mesure l’écart de rentabilité de l’actif considéré (ici, le fond) par rapport au taux de rendement d’un placement sans risque. Plus le ratio de Sharpe est élevé, plus l’actif est rentable. Les fonds Allianz Green Bond P10 et iShares Green Bond Index Fund D arrivent donc ex-aequo à ce niveau. Soulignons néanmoins les frais plus faibles du second, qui seront à prendre en compte sur le rendement annuel du fonds.

Notons également que l’un des « désavantages » de ces fonds est qu’ils offrent une exposition diversifiée aux green bonds. Ces derniers couvriront différents thèmes, dont les énergies renouvelables, sans être restrictifs.

ETF (gestion passive)

Moins de choix en ce qui concerne les ETF dédiés aux obligations vertes : le Lyxor Green Bond (DR) UCITS est, à l’heure actuelle, le seul ETF dédié à ce thème. Avec des frais annuels de 0,25%, cet ETF capitalisant dont l’encours dépasse les 100 millions d’euros n’est pas l’option la moins chère. En effet, le fonds iShares Green Bond Index Fund D est légèrement moins onéreux que l’ETF. Cependant, son ratio de Sharpe de 3,37 le classe 1er si nous nous basons sur ce paramètre. Sa performance et sa volatilité annualisées sont, respectivement, à 10,59 % et 3,25 %.

Comparaison Quantalys de l'ETF Lyxor Green Bond (DR) UCITS et des fonds iShares Green Bond Index Fund D et Allianz Green Bond P10.
Comparaison Quantalys de l’ETF Lyxor Green Bond (DR) UCITS et des fonds iShares Green Bond Index Fund D et Allianz Green Bond P10.

Un très bon rendement pour l’ETF qui réplique correctement son indice (tracking difference de -0,12%), pour une volatilité néanmoins un peu plus élevée que celles des fonds. Notons qu’ici aussi, l’exposition sera diversifiée aux green bonds et donc, non limitée aux énergies renouvelables.

Conclusion

Bien que les green bonds constituent un segment relativement « nouveau » du marché obligataire, les investisseurs commencent petit à petit à s’informer sur cette façon d’investir dans des projets respectueux de l’environnement, définition même des obligations vertes. Les émetteurs d’obligations vertes ont d’ailleurs bien compris que ces obligations particulières attirent un nouveau sous-ensemble d’investisseurs, plus jeunes et conscientisés aux problématiques climatiques, dont ils peuvent tirer profit sur une période prolongée par rapport à une base d’investisseurs plus âgés.

Les obligations vertes ne vous fourniront pas de rendements fondamentalement plus élevés, bien qu’au regard des performances annualisées détaillées plus haut, il soit permis d’en douter. Quel type d’obligation est en effet capable de fournir un rendement de l’ordre de 4 à 5% ? Les obligations à haut rendement, certes, mais pour quelle sécurité pour l’investisseur en obligations ?

Bien que le rendement des green bonds soit ce qu’il est, soulignons pour conclure que tous les bénéfices de ces obligations vertes ne sont pas quantifiables. Ces dernières offrent aux investisseurs la possibilité de diversifier leur portefeuille en prenant des décisions fondées sur un revenu financier, certes, mais également fondées sur l’environnement. Une autre façon d’investir en 2019 ?

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