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Analyse fondamentale d’une action : méthode Nasdaq Dozen alternative

Investir aujourd’hui est très différent de ce qui était possible il y a quelques décennies à peine. Avant les années 2000, vous ne pouviez obtenir qu’un nombre limité de données sur les actions dans les journaux spécialisés alors qu’aujourd’hui, une quantité gigantesque d’information est disponible. Avec autant d’informations mises à leur disposition, nombre d’investisseurs se perdent dans les détails alors qu’il suffit de savoir où regarder pour prendre des décisions d’investissement plus pertinentes. Le but de cet article est de vous présenter une méthode d’analyse fondamentale de toute action en 9 étapes simples, dérivée de la méthode « Nasdaq Dozen ».

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Introduction : l’analyse Nasdaq Dozen

La méthode « Nasdaq Dozen » est un processus d’analyse rationnel et reproductible permettant d’analyser, en 12 étapes, les aspects fondamentaux les plus importants de toute action, de leurs revenus à leurs bénéfices, en passant par la croissance prévisionnelle de leurs gains. Il s’agit donc de s’assurer que l’on fait le bon choix lors de l’achat d’actions. La méthode présentée dans notre article est une version alternative de la méthode « Nasdaq Dozen », basée sur 9 étapes et utilisant un panel de caractéristiques fondamentales, partiellement différent. Dans tous les cas, nous faisons fi de l’aspect technique ou macro-économique et restons focalisés sur l’approche fondamentale centrée sur l’action (et éventuellement ses concurrents).

Analyse-fonda-9points-image1

Pour notre analyse, nous utiliserons comme exemple l’action « Umicore« , pour laquelle la méthode a déjà été appliquée dans le cadre de l’étude de cas avant investissement. Les données financières les plus récentes publiées par l’entreprise (notamment dans son dernier rapport annuel) ainsi que les données compilées sur ZoneBourse, Reuters, Yahoo Finances, Wall Street Journal ou encore la fiche Morningstar de l’action permettront de réaliser l’analyse.

En note préliminaire, il est important de rappeler que cette méthode n’est ni une boule de cristal ni un gage de succès. De plus, le rédacteur signale être actionnaire de l’entreprise Umicore lors de la rédaction de l’article. Enfin, cette étude de cas n’est en aucun cas une incitation à l’achat ou à la vente de l’action Umicore.

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Notre méthode d’analyse fondamentale en 9 points

Méthode d'analyse en 9 points
La méthode d’analyse fondamentale rapide, axée sur 9 étapes d’intérêt.

Étape 1. Une entreprise aux finances solides

L’un des buts premiers d’une entreprise consiste en la production d’un excédent de trésorerie, la recherche d’un bénéfice qui pourra ensuite être investi avec un plus grand profit dans le développement de ses activités. Ce faisant, une entreprise doit posséder des finances solides pour croître de manière sereine. Et ses revenus vous donneront justement une idée de l’argent que gagne la société. Si les revenus augmentent constamment, c’est que la société grandit de manière constante. Au fur et à mesure de cette croissance, le cours de ses actions augmentera en valeur.

Le revenu peut être évalué sur la base :

  • du chiffre d’affaires (CA), correspondant à la somme des ventes de biens ou de services de l’entreprise sur un exercice comptable (dans notre cas, une année);
  • de l’EBITDA, correspondant au chiffre d’affaire duquel est soustrait tout ce qui concerne les coûts (matières, salaires, etc.), les charges (sous-traitance, etc.) et les impôts/taxes.

Nous utiliserons par simplicité le CA. Dans notre exemple, voici l’évolution du CA d’Umicore au fil des années :

Évolution du CA annuel d'Umicore
Depuis 2014, le CA de l’entreprise augmente au cours du temps, tout comme son EBITDA.

Dans notre cas, le CA augmente bien au cours du temps, de manière plus marquée depuis 2016 (année qui marque le début du plan de développement quinquennal Horizon 2020 de l’entreprise). De plus, nous voyons que les projections futures anticipent une poursuite de l’augmentation du CA, d’autant plus forte qu’on avance dans le temps. Néanmoins, nous ne donnerons pas trop d’importance à ces projections puisqu’il ne s’agit que d’estimations qui pourront être impactées par divers facteurs (contexte macro-économique, prix des matières, hausse des coûts, etc.).

L’entreprise obtient donc un score « OK » pour l’étape 1.

Étape 2. Un consensus d’analystes sur « Conserver » ou mieux

Chaque investisseur doit pouvoir se faire sa propre opinion vis-à-vis d’une entreprise et de son action. Néanmoins, il est de bon ton de regarder ce qu’en pensent les nombreux analystes du secteur financier. Après tout, il s’agit de leur métier. Les analystes financiers effectuent en effet des recherches approfondies sur les actions, émettant ensuite une recommandation indiquant ce que l’avenir leur réserve, selon eux et normalement de manière impartiale. Si les perspectives d’avenir de la société sont positives, les analystes recommanderont un « achat » (fort, « Acheter » ou modéré, « Accumuler »). Si les perspectives d’avenir de la société sont mauvaises, les analystes recommanderont a contrario une « vente » (modérée, « Alléger » ou forte « Vendre »). Entre les deux se situe le niveau neutre, « Conserver »: les investisseurs possédant l’action doivent la conserver et pour ceux qui n’en ont pas encore, il n’est pas jugé utile d’en acquérir pour l’instant.

Pour qu’une entreprise réussisse l’étape 2, le consensus (soit la moyenne des avis) doit au minimum se situer à « Conserver ». Le site ZoneBourse est très utile pour obtenir cette information, car il compile une flopée d’avis d’analystes, classés par actions et par degré de recommandation.

Dans notre exemple, l’entreprise Umicore possède 21 avis et le consensus se situe à « Accumuler » :

Umicore - consensus
Dans le cas présent, le consensus est à « Accumuler », avec un grand nombre d’analystes positionnés sur « Achat » et « Conserver ».

L’entreprise obtient donc un score « OK » pour l’étape 2.

Étape 3. Un ratio PEG aux normes

Un peu de mathématiques pour cette étape !

Le Price Earning Growth (PEG) est très utile pour évaluer la valorisation d’une entreprise, notamment dans le cadre d’une comparaison sectorielle où il s’agit de départager des entreprises à forte croissance. Créé par Peter Lynch, ce ratio se calcule en divisant le Price Earning Ratio (le prix d’une action par rapport à ses bénéfices, abrégé PER ou P/E) par le taux de croissance annuel des bénéfices. Ce dernier se calcule quant à lui en comparant les bénéfices nets par action, (BNA, en anglais EPS), d’année en année.

PER = cours année X / BNA année X

Taux de croissance annuel des bénéfices (%) = [(BNA année X/BNA année X-1)-1] x 100

PEG = PER / taux de croissance annuel des bénéfices

Via le PEG, nous pouvons répondre à deux questions importantes :

  1. Est-ce que l’entreprise est correctement valorisée ? En effet, on considère généralement qu’un résultat égal ou inférieur à 1 indique que l’action est correctement ou sous-évaluée vis-à-vis de son taux de croissance. S’il est supérieur, on considère a contrario que l’entreprise est, en théorie, surévaluée.
  2. Est-ce que l’entreprise est plus intéressante qu’un de ses concurrents ? Imaginons deux sociétés A & B qui se négocient à 15 fois leurs bénéfices (PER de 15X). Elles peuvent sembler identiques, sauf que A croît de 7% et B de 15%. En calculant leurs PEG, respectivement à 2 et 1, nous pouvons considérer l’entreprise B comme une meilleure offre avec une probabilité plus élevée de procurer un rendement plus élevé au regard de sa croissance.

Dans notre exemple, nous allons comparer le PEG d’Umicore et ceux de 3 de ses principaux concurrents.

EntreprisePER 2018BNA 2017BNA 2018Croissance 2018PEG
Umicore26,6x0,961,3136%0,7
BASF11,8x (e)6,625,31 (e)-20% (e)-0,6 (e)
Solvay13,3x (e)10,206,96 (e)-32% (e)-0,4 (e)
Arkema9,1x (e)7,158,70 (e)22% (e)0,4 (e)

Il est à noter que les données de l’année 2018 ne sont disponibles que pour Umicore à l’heure d’écrire cet article. Pour BASF, Solvay et Arkema, les données annuelles pour 2018 sont extrapolées sur la base des données trimestrielles et semestrielles disponibles pour 2018 (compilées sur ZoneBourse).

De ce tableau, nous pouvons tirer 3 conclusions :

  1. BASF et Solvay ont, d’après les estimations, des PEG négatifs ce qui suppose que ces sociétés réduisent leurs bénéfices au lieu de les augmenter. Elles sont donc écartées de la comparaison.
  2. Umicore a un PEG plus élevé qu’Arkema, ce qui sous-entend qu’Arkema se négocie à un niveau réduit par rapport à son taux de croissance (les investisseurs qui l’achètent paient moins par unité de croissance des bénéfices).
  3. Le PEG d’Umicore est inférieur à 1, l’entreprise paraît sous-valorisée au regard de son taux de croissance des bénéfices, ce qui rejoint le point 9 de l’analyse (voir plus bas).

Étape 4. Un rendement supérieur à 2%

Le rendement d’une action (en anglais dividend yield) indique le pourcentage de dividende versé à l’actionnariat par rapport au prix de l’action. On calcule le rendement d’une action en divisant les dividendes annuels par action par le cours de l’action.

En regardant les données des dernières années et celles de l’année en cours pour Umicore, nous pouvons voir ceci :

Umi-rendement
La politique de dividendes instaurée via le plan Horizon 2020 vise une augmentation de ces derniers au cours du temps.

Nous pouvons voir que le rendement net de l’action est repassé, en 2018, au-dessus de 2%. De plus, les prévision des prochaines années semblent indiquer qu’il continuera d’augmenter, mais nous ne donnerons pas trop d’importance à ces projections puisqu’il ne s’agit que d’estimations qui pourront être impactées par l’évolution du cours, lui-même pouvant être impacté par divers facteurs.

L’entreprise obtient donc un score « OK » pour l’étape 4.

Étape 5. Des dividendes en hausse au fil des années

Élément le plus connu du monde financier aux yeux de tous, le dividende représente la part des bénéfices que l’entreprise décide de verser aux actionnaires. Il s’agit donc d’une sorte de rémunération offerte aux actionnaires.

L’absence de dividendes peut s’expliquer de deux façons :

  • L’entreprise ne génère tout simplement pas de bénéfice ;
  • L’entreprise, en plein développement, préfère investir l’ensemble de ses bénéfices au service de ce développement (typiquement ce qui est observé dans les petites entreprises de biotechnologies).

Le dividende reflète ainsi la politique de l’entreprise : un dividende faible peut signifier une volonté affirmée d’investir dans l’entreprise, tandis qu’un dividende fort peut sous-entendre que l’entreprise préfère récompenser ses actionnaires. Chaque politique a ses avantages, ses inconvénients, ses fidèles et ses détracteurs.

Quoi qu’il en soit, dans le cas où l’entreprise verse un dividende, il est préférable que celui-ci soit croissant dans le temps, sous-entendant par là que les bénéfices augmentent ou que l’entreprise n’a plus besoin d’injecter du capital dans son développement pour l’instant.

Ainsi, pour Umicore :

Umi-rendement
La politique de l’entreprise concernant ses dividendes est clairement orientée vers l’augmentation de ces derniers.

Les dividendes par action augmentent bel et bien depuis 2016.

L’entreprise obtient donc un score « OK » pour l’étape 5.

Étape 6. Une rentabilité des capitaux propres (ROE) supérieure à 15%

La rentabilité des capitaux propres (en anglais, Return on Equity ou ROE) mesure en pourcentage le rapport entre le résultat net d’une entreprise et les capitaux propres investis par ses actionnaires. Ce faisant, ce ROE mesure la capacité d’une entreprise à générer des profits à partir de ses seuls capitaux propres, sans prendre en compte d’autres sources de financement.

Le ROE peut être calculé pour toute entreprise dont le bénéfice net et les capitaux propres sont des chiffres positifs, en faisant le rapport entre le résultat net et les fonds propres.

Plus le ROE est élevé, plus la société réalise des bénéfices. Un moyen simple de déterminer si une entreprise génère un bon rendement des capitaux propres consiste alors à comparer son ROE à la moyenne de son secteur.

Notons pour finir que le ROE d’une entreprise doit être mis en vis-à-vis du type d’entreprise et du secteur de cette dernière. En effet, certaines activités nécessitant un investissement important se verront affublées d’un ROE moins élevé que d’autres entreprises ne nécessitant pas voire peu de capitaux.

Qu’en est-il pour Umicore ? Direction Reuters pour obtenir les valeurs calculées sur la base des données financières des 12 derniers mois consécutifs (TTM) : le ROE d’Umicore est inférieur à 15% (12,19), tout comme celui de son industrie (10,60) ou de son secteur (12,53).

L’entreprise obtient donc un score « NOK » pour l’étape 6.

Étape 7. Un ratio de distribution inférieur à 60%

Le ratio de distribution (en anglais payout ratio) exprime le taux de distribution des bénéfices. Il est l’expression de la politique qu’une société met en place envers son actionnariat. Calculé simplement en divisant le montant du dividende par action par le bénéfice net par action (BNA), il traduit soit la générosité de l’entreprise à l’adresse de ses actionnaires (s’il est élevé), soit la priorisation des investissements (s’il est faible).

Une entreprise doit trouver un équilibre subtil entre le partage de ses bénéfices avec ses actionnaires et le réinvestissement de ses gains pour assurer son développement. Plus l’entreprise conserve et réinvestit ses bénéfices, plus vite elle sera capable de croître au travers de son développement. Ceci, au détriment de son actionnariat, qui pourra ou non approuver cette politique de distribution. Ainsi, les secteurs d’activité en plein boom ou les entreprises biotechnologiques connaissent généralement de faibles ratio de distribution alors que les grandes entreprises matures sont beaucoup plus généreuses. On considère qu’un ratio de 60% est un délicat compromis entre générosité et prudence.

Le ratio de distribution d’Umicore, en 2018, valait 57% (Dividende/BNA, soit 0,78€/1,31) contre 73% en 2017. L’entreprise augmente donc la part de bénéfices qui retourne vers ses actionnaires.

L’entreprise obtient donc un score « OK » pour l’étape 7.

Étape 8. Un flux de trésorerie disponible (FCF) positif

Le flux de trésorerie disponible (en anglais free cash flow, FCF) représente les liquidités générées par une entreprise après avoir soustrait les dépenses en capital en vue de soutenir ses opérations et de maintenir ses immobilisations (ses biens de toute nature). Contrairement à d’autres valeurs comme les bénéfices ou le résultat net, le FCF est une mesure de la rentabilité après avoir retiré les charges et les dépenses nécessaires à son fonctionnement et son développement, ce qu’on regroupe communément sous le terme de CAPEX. Ainsi, le FCF représente en bref la quantité d’argent réellement disponible.

Un FCF négatif signifie qu’une entreprise a consommé plus d’argent qu’elle en a produit, par exemple suite à des investissements importants. Si ce phénomène se reproduit année après année, cela peut par contre signifier que l’entreprise n’est pas capable de générer suffisamment de bénéfices pour contrebalancer ses coûts. Dans ce cas, sans ce cash disponible, l’entreprise devra émettre de nouvelles dettes ou avoir recours à un augmentation de capital.

Pour Umicore, le FCF TTM est de -288.81 millions d’euros. Il est donc fortement négatif, bien que dû aux importants développements de l’entreprise et ses acquisitions récentes.

L’entreprise obtient donc un score « NOK » pour l’étape 8.

Étape 9. Une sous-valorisation de l’entreprise

Contrairement à certaines stratégies d’investissement, le value investing est basé sur un concept simple : si vous connaissez la valeur réelle d’une entreprise, vous économiserez de l’argent si vous achetez ses actions lorsque l’entreprise n’est pas capitalisée à sa juste valeur. Simple, non ?

L’investissement axé sur la valeur vise donc à sélectionner des actions qui semblent se négocier à un prix inférieur à leur valeur intrinsèque (on parle de valeur dépréciée) suite à mouvements de cours qui ne correspondent pas aux fondamentaux à long terme de la société. Cette réaction excessive donne la possibilité de rentabiliser les actions à un prix moindre. Warren Buffett, Peter Lynch et d’autres investisseurs prospères se sont concentrés sur le value investing pour identifier des valeurs dépréciées. En lisant les bilans financiers des entreprises, il est, en effet, possible d’identifier des entreprises dont le marché a mal évalué la valeur des actions, afin de capitaliser sur leur retour à la moyenne.

Comment évaluer si une valeur est dépréciée ? Le plus simple consisterait à comparer la capitalisation de l’entreprise vis-à-vis de sa valorisation. Néanmoins, cette approche est assez réductrice. En effet, il est préférable de combiner plusieurs facteurs pour obtenir un avis plus fin de la valorisation, par exemple, en se focalisant sur des entreprises avec des ratios P/B et P/E inférieurs à la moyenne ou un rendement en dividendes supérieur à la moyenne. Les analystes se livrent fréquemment à cet exercice avec des méthodes d’évaluation bien souvent différentes. Dans notre cas, nous utilisons les analyses d’actions fournies par Morningstar.

Ainsi, pour Umicore :

UMI - sous-valorisation
Selon Morningstar, Umicore est actuellement sous-valorisée, tout comme son secteur ou, de manière générale, les actions du marché belge.

Le cours de l’action est, actuellement, en dessous de sa « fair value », sa juste valeur selon les méthodes de calcul de Morningstar. Elle est donc bien considérée comme sous-valorisée.

L’entreprise obtient donc un score « OK » pour l’étape 9.

Tirer un bilan des résultats de cette méthode

Une fois que la méthode d’analyse en 9 points a été réalisée, il convient d’en tirer un bilan général. Notre exemple, Umicore, obtient les résultats suivants :

ÉtapeParamètreRésultat
1Finances
2Consensus
3PEG
4Rendement
5Dividendes
6ROE
7Payout
8FCF
9Valorisation

Nous pouvons dire que l’entreprise Umicore est une entreprise aux finances solides, néanmoins ses dépenses liées à l’entretien ou au développement de ses actifs entament son FCF. Notons cependant que les données des précédentes années montrent que le flux était positif jusqu’en 2017, le passage à un FCF négatif étant dû à des investissements conséquents cette année-là (660 millions d’euros investis en Chine et en Europe, acquisition de Haldor Topsoe, etc.). Le FCF négatif est donc explicable et n’est pas lié à un défaut de capacité à générer des revenus suffisants pour compenser les coûts. Néanmoins, la production de bénéfices est encore en deçà de ce qui est idéalement attendu, au vu du ROE inférieur à 15%. On notera cependant que cela semble être un cas fréquent dans l’industrie et le secteur dans lesquels Umicore évolue.

Il est également clair que l’entreprise est un bon choix pour son rendement et ses dividendes, qui augmentent au fil des années tout en gardant un ratio de distribution inférieur à 60%, ce qui traduit une réserve de bénéfices dédiée à l’investissement (R&D, acquisitions, remboursement de dettes). Les actionnaires sont donc récompensés, mais pas exagérément.

Enfin, la valorisation d’Umicore est également un facteur de choix dans notre analyse. En effet, la sous-estimation de l’action vis-à-vis de son taux de croissance couplée à sa sous-valorisation actuelle (selon les estimations de Morningstar) en fond un sujet de choix dans une stratégie de value investing.

Ce n’est donc pas un hasard si, à l’heure actuelle, l’entreprise bénéfice d’un bon consensus axé sur l’accumulation.

Conclusion

C’est donc au travers de cette analyse en 9 points fondamentaux qu’il est possible de jauger le potentiel d’une entreprise. C’est une analyse qui reste assez simple à mettre en place (d’autant plus après la lecture de notre article) mais qui demandera un peu d’investissement en temps (la collecte de données et d’informations ne se fait pas toute seule, hélas). Cette analyse a notamment été appliquée par le rédacteur de cet article dans le cadre de son étude de l’entreprise Umicore, pour motiver ou non l’investissement dans cette entreprise au-delà de considérations techniques ou macro-économiques. Seulement sur les éléments fondamentaux pointés par l’analyse.

Image de conclusion de l'article

Libre à vous d’appliquer notre méthode à vos actions, actuelles ou futures, ou de la modifier selon vos préférences (en y remplaçant certains éléments par d’autres que vous jugerez plus pertinents pour vos cas personnels). Considérez cette méthode pour vos investissements de longue durée.

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Sources

Les sources suivantes ont été utilisées pour rédiger cet article :

4 réflexions au sujet de “Analyse fondamentale d’une action : méthode Nasdaq Dozen alternative”

  1. Merci beaucoup pour cet article super intéressant ! Ma méthode se rapproche beaucoup de la votre, je ne prends cependant pas en compte la partie dividende. Je vais peut-être faire davantage attention à cet aspect… Est-ce que vous faites attention à l’endettement de l’entreprise ? Une entreprise très endettée est plus susceptible d’être en difficulté en cas de coup dur.

    • Bonjour, merci pour votre commentaire 🙂 Actuellement nous ne regardons pas l’endettement de manière active mais il reste préférable d’éviter les endettements excessifs (la seule exception pour Medenor est AB Inbev qui, bien que fortement endettée, possède un caractère large cap et des avantages qui contrebalancent efficacement le point négatif de l’endettement). Car oui, l’endettement excessif dans d’autres situations est dangereux (un exemple récent, Nyrstar qui va devoir restructurer sa dette au détriment des actionnaire actuels).

      Medenor

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