Fiche action : Microsoft (MSFT)

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Analyse de société Investiforum Microsoft (MSFT)

Microsoft Corporation développe, licence et commercialise une vaste gamme de produits logiciels, de services et d’appareils. La société est active dans des secteurs variés comme le matériel informatique (tablettes Surface), les systèmes d’exploitation (Windows), les applications de productivité multiappareils (Office), le cloud computing (Azure), les jeux vidéo (Xbox) ou encore les réseaux sociaux (LinkedIn).

Fondée en 1975 par Bill Gates et Paul Allen, et cotée en bourse depuis 1986, Microsoft fait partie des principales capitalisations boursières du NASDAQ, aux côtés d’Apple et d’Amazon.

Analyse réalisée le 11 août 2022 sur la base du rapport annuel de 2022 (exercice clos le 30 juin 2022).

Caractéristiques principales



Chiffres clés

0 Mrd$

Revenus

0 Mrd$

Résultat net

0 $

Bénéfice par action (dilué)

0 %

Rentabilité des actifs

0 $

Dividende par action

> 0 Mrd$

Capitalisation boursière

Mrd$ : milliard de $



Répartition du chiffre d'affaire

Depuis sa création en 1975, Microsoft est devenue l’une des entreprises technologiques les plus prospères au monde et a connu des décennies de succès continu. Certaines des principales activités commerciales de la société incluent son célèbre système d’exploitation Windows (dont la dernière version, Windows 11, est sortie en 2021), ses divers logiciels et services, ses gammes d’électronique grand public, ainsi que des offres plus récentes telles que le cloud computing via sa branche Azure. Depuis 2014, ce segment du cloud intelligent de Microsoft a connu une croissance constante et est devenu une source majeure de revenus pour l’entreprise. C’est d’ailleurs là que Microsoft cherche sa croissance future.



Une omniprésence au-delà du cloud

Comme l’ont expliqué les dirigeants, l’activité cloud bénéficie de trois économies d’échelle :

  1. Des centres de données qui déploient des ressources de calcul à un coût par unité nettement inférieur à celui des plus petits acteurs ;
  2. Des centres de données qui coordonnent et regroupent divers modèles de demande de clients, géographiques et d’applications, améliorant l’utilisation des ressources informatiques, de stockage et de réseau ;
  3. Des emplacements multilocataires qui réduisent les coûts de main-d’œuvre de maintenance des applications.

L’entreprise arrive ainsi à conclure de juteux contrats de long terme (visibilité financière) et continue d’étendre ses implantations géographiques pour améliorer son agilité technique. Dix nouveaux centres de données devraient ainsi ouvrir en 2023.

+25% en 2022

Mais Microsoft ne doit pas juste être vue au travers de sa division cloud. En effet, Microsoft est à peu près présent dans toutes les couches de la technologique moderne, qu’il s’agisse d’infrastructure, de données, de travail hybride, de sécurité, etc.

Ainsi, grâce à sa présence précoce dans l’informatique et à sa stratégie de diversification, Microsoft est désormais derrière bon nombre d’outils, services et équipements du quotidien. Dans le domaine professionnel, la suite Office est ainsi très largement utilisée pour ses finalités bureautiques, là où LinkedIn est devenu le réseau social professionnel par excellence (et peut-être bientôt un acteur majeur de l’économie à la tâche, comme Fiverr et Upwork). Dans l’électronique grand public, Microsoft a lancé en 2020 sa nouvelle génération de consoles de jeux, les Xbox Series X/S, en parallèle du développement d’un nouveau produit, la Surface Duo, un hybride téléphone-tablette pliable comportant deux écrans distincts. Là où les consoles ont connu un succès certain (revenus gaming en hausse de 6% en 2022), la Surface Duo rencontre quant à elle un accueil bien plus mitigé (revenus en hausse de 3% en 2022).

Dans chacun d’entre eux, Microsoft propose des produits de haute qualité, intégrés, qui lui permettent de continuer à assurer son omniprésence. Cette dernière est directement associée à des avantages concurrentiels dont je parlerai plus bas.



Chiffres historiques

Ces 6 dernières années, Microsoft a vu ses revenus et son résultat net croître de manière constante. Néanmoins, ces deux dernières années ont été inhabituelles en ce sens que la pandémie de COVID-19 a largement profité à l’entreprise. En mettant l’accent sur la transformation numérique, Microsoft fait partie des interlocuteurs digitaux de prédilections alors que les économies se remettent de la pandémie et les compétences/besoins digitaux se démultiplient. L’utilisation et la demande du cloud en profitent pleinement, les clients de Microsoft accélérant leur transformation numérique. Le grand public contribue également à cette demande générale, avec une demande continue de PC et d’outils de productivité pour le télétravail, ainsi qu’un bel essor des activités ludiques. Il suffit de voir le bond de 64 % du résultat net entre 2020 et 2022 pour se convaincre que oui, Microsoft fait définitivement partie des grands bénéficiaires de la pandémie.

Ce momentum favorable n’aurait pas été rendu possible sans Satya Nadella, le CEO actuel. Sous sa direction, Microsoft est passée d’un modèle de vente de produits en boîte à un modèle de fourniture de service (Software as a Service ou SaaS, Platform as a Service ou PaaS et Infrastructure as a Service ou IaaS). Ce modèle est basé sur le principe d’abonnement, au travers d’applications basées sur le cloud (Office 365, Azure), mais également via l’univers des jeux vidéos (Xbox Live, Xbox Game Pass). Outre la relance de la croissance du chiffre d’affaires, ce changement de modèle a aidé l’entreprise à accroitre son bénéfice net, ses flux de trésorerie devenant plus prévisibles grâce au principe d’abonnement.

Du côté de la dette, une tranche courante de la dette à long terme de 2,7 millions de dollars a été payée en 2022. Les prochaines tranches conséquentes de dette à long terme ne sont attendues qu’en 2024 (5,3 millions de dollars) et 2027 (8 millions de dollars). Notons que Microsoft n’a pas émis de nouvelles dettes durant son dernier exercice fiscal. L’entreprise bénéficie en effet d’une bonne notation de crédit (AAA).

Le groupe américain verse un dividende depuis 2003, ce dernier étant en augmentation depuis 19 années consécutives. Il se situe désormais à 2,48 $ par action (+22%), soit un rendement continuant d’évoluer autour de 0,9-1 %.

Nous continuons à transformer notre entreprise pour devenir le leader dans la nouvelle ère du cloud intelligent et de l'informatique de périphérie. Nous rassemblons la technologie et les produits en expériences et solutions qui créent de la valeur pour nos clients. Notre rôle unique en tant que fournisseur de plateformes et d'outils nous permet de relier les points, de rassembler un écosystème de partenaires et de permettre aux organisations de toutes tailles de développer la capacité numérique nécessaire pour relever ces défis.

Satya Nadella, CEO de Microsoft dans le rapport annuel de 2020
Satya Nadella


Actionnariat de l'entreprise

7,5 milliards d'actions réparties entre :
0 %

Flottant

0 %

Insiders (CEO, administrateurs, etc.)

Top 3

0 %

Propriété institutionnelle (ETF, fonds, etc)

Top 3

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Analyse fondamentale

0 x

Ratio P/B

0 x

Ratio P/S

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Ratio P/E

0

Z-Score d'Altman

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Bêta (vs. S&P 500)

0 $

Valeur intrinsèque selon Graham

0 /9

Piotroski F-Score

0 /9

Score Investiforum

Microsoft, comme nombre d’actions technologiques de croissance, présente des multiples de valorisation assez élevés. Néanmoins, ces derniers sont moins élevés qu’en 2020-2021, tant au niveau du ratio Price-to-Book (P/B) que pour le ratio Price-to-Sales (P/S) ou encore Price-to-Earning (P/E). En effet, si nous prenons du recul, les plus hauts historiques de valorisation datent d’août 2020 (pour le P/E) et novembre 2021 (pour le P/S et le P/B).

Le Z-Score d’Altman est une mesure de la probabilité que Microsoft fasse faillite dans les deux ans. Avec un résultat de 8,4, l’entreprise n’est clairement pas concernée par une faillite sur le court terme. Qui plus est, son bêta sur 5 ans de 0,93 vis-à-vis du S&P 500 signifie que l’action a tendance à être légèrement moins volatile (et donc moins risquée) que le reste du marché boursier américain.

Un mot sur la valeur intrinsèque selon Benjamin Graham, père du value investing et auteur des excellents livres fondamentaux « Security Analysis » et « L’Investisseur Intelligent ». Selon lui, en utilisant le cours de l’action de l’entreprise, ses bénéfices par action et ses dividendes, la valeur intrinsèque d’une action peut être trouvée et comparée à sa valeur de marché. Graham pensait également que comme l’investisseur a le choix entre placer de l’argent dans des actions ordinaires ou des obligations, il était approprié de prendre en compte le taux d’intérêt payé sur une obligation de haute qualité pour déterminer la valeur intrinsèque d’une action. 

Dans mon calcul, j’utilise en conséquence le rendement d’obligations d’entreprises de grade AAA (3,68 %) et les projections de croissance du bénéfice par action (BPA) de Microsoft, que j’évalue sur la base des 10 dernières années à 26%. Le cours au moment du calcul était de 289,16 $ et le dernier BPA de 9,65 $. Cette approche, dite « révisée » de la valeur intrinsèque selon Graham, estime la valeur intrinsèque d’une action Microsoft à 381 $, soit une décôte de 27% par rapport au cours actuel. Cette valeur est à prendre comme une estimation, en ce sens qu’elle dépend fortement des projections de bénéfices futurs qui restent hautement hypothétiques.

Le Piotroski F-Score, de son côté, est très bon. Situé à 7 sur une échelle de 9, c’est un signal d’achat selon la philosophie de ce score. En effet, ce dernier identifie Microsoft comme une entreprise présentant des bilans liquides solides, une rentabilité croissante et une efficacité opérationnelle. En pratique, le Piotroski F-Score aurait même pu être de 8 sur 9, tant la variation de la marge brute est marginale (-0,5%), pénalisant malgré tout le calcul de score.

Quant au score Investiforum, dérivé de l’approche NASDAQ Dozen, le résultat est bon ici aussi. La note finale est de 7 sur 9, impactée par le rendement du dividende inférieur à 2 % et un ratio PEG synonyme de survalorisation au regard de la croissance du bénéfice attendue.

Cette analyse fondamentale a été réalisée le 11 août 2022. Les chiffres et multiples peuvent être sensiblement différents à l’heure de lire cette analyse.


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J’y poste un peu de tout : des analyses, des threads, des réactions à chaud ainsi que tout un tas de graphes financiers !



Croissance future

Microsoft est une entreprise profondément innovatrice : son budget Recherche & Développement a d’ailleurs augmenté de 3,8 Mrd$ (+18%) en 2022. Ce budget R&D correspond à 12 % des revenus annuels.

Le succès du groupe repose sur :

C’est pourquoi Microsoft investit largement dans une gamme de tendances et de percées technologiques émergentes à même d’offrir des opportunités significatives pour apporter de la valeur à ses clients et de la croissance à la société. Ainsi, Microsoft maintient un engagement à long terme en R&D, sur un large éventail de technologies, d’outils et de plates-formes couvrant les expériences de travail et de vie numériques, le cloud computing, l’intelligence artificielle («IA»), les appareils et les systèmes d’exploitation. En voici quelques exemples.

Tout ceci forme un tour qui vise à construire une structure informatique distribuée (cloud & edge computing) pour aider chaque organisation à créer, exécuter et gérer son activité critique n’importe où.

Cela n’aura échappé à personne : la transformation numérique n’a jamais été aussi urgente. Les dépenses informatiques vont augmenter, tout simplement parce que chaque entreprise essaie de se fortifier avec la technologie numérique pour mieux naviguer dans son environnement économique. Comme expliqué plus haut, Microsoft est aux premières loges de cette transformation, offrant ses solutions à tout un chacun pour faire plus avec moins. Passer au cloud est le meilleur moyen de gérer les dépenses IT en regard de variation de la demande. C’est une façon d’optimiser la note IT !

Enfin, la firme possède plusieurs larges avantages concurrentiels (actifs intangibles, effet de réseau, coût de changement élevé) à même de soutenir sa croissance future. Soulignons par exemple le segment Productivité et processus professionnels de Microsoft qui, au travers de Microsoft Office (Word, Excel, Outlook, etc.) et LinkedIn (en tant que premier outil de réseautage professionnel), présente un avantage concurrentiel large (coût de changement élevé et effet de réseau). Et que dire du segment informatique personnelle qui, Microsoft Windows oblige, présente, lui aussi, un large avantage concurrentiel soutenu par des coûts de changement élevés et un effet de réseau ? Windows n’est pas une poule aux œufs d’or, mais c’est un carburant pour tous les autres business de l’entreprise.

Enfin, l’entreprise ne rechigne pas à réaliser des acquisitions ciblées. Après LinkedIn (27 milliards) en 2016 et GitHub (7,5 milliards) en 2018, Microsoft a racheté ces dernières années :

  • Le studio de jeux vidéos ZeniMax Media (8,1 milliards), la société mère de Bethesda Softworks, l’un des plus grands développeurs et éditeurs de jeux privés au monde. Cette acquisition profitera au segment Informatique personnelle, au développement de l’offre de jeux sur la plateforme Xbox et à l’enrichissement du Xbox Game Pass.
  • L’entreprise cloud et d’IA Nuance Communications (19,7 milliards), fournissant des solutions dans le domaine de la santé et des entreprises. Un joyau dans l’escarcelle de la division Cloud for Healthcare !

Et Microsoft s’apprête à avaler le mastodonte Activision Blizzard, un leader dans le développement de jeux de contenu de divertissement, aux franchises iconiques. Une transaction qui reste à être confirmée, mais qui s’établirait à … 68,7 milliards de dollars, uniquement en argent comptant ! Il faut dire que Microsoft possède la bagatelle de 104 milliards de dollars de liquidités… Mais quand on sait que trois milliards de personnes jouent activement à des jeux aujourd’hui, l’investissement en vaut bien la peine !

Microsoft rachète Activision Blizzard
Le studio Activision Blizzard possède de nombreuses licences bien connues de tous, tels Call of Duty, Warcraft/Starcraft ou encore Candy Crush ! Une belle acquisition... Si les autorités de la concurrence ne décident pas de la bloquer !

Risques identifiés

Qu’en est-il des risques ? Microsoft est confronté à des risques qui varient selon les produits et les segments. Pour faire simple, Microsoft évolue sur divers marchés hautement compétitifs, bataillant face à des cadors du secteur. La liste comprend des entreprises bien connues telles qu’Apple, Google, SAP, IBM et Oracle, pour n’en citer que quelques-uns.

À mes yeux et vu ce qui a été dit ci-dessus, le principal compétiteur de Microsoft est à chercher sur le segment du cloud computing : Amazon, via sa filiale AWS. Cette dernière a en effet pris d’assaut le marché du cloud, Amazon AWS et Microsoft Azure étant tous deux considérés comme des leaders incontestés en la matière. Dans ce segment très dynamique et en croissance structurelle, Microsoft Azurez semble évoluer positivement jusqu’à présent, gagnant des parts chaque année là où Amazon AWS, quant à lui, stagne à 32-33%.

Ce qui est sûr, c’est qu’aucune erreur ne sera permise sur ce marché étant donné la concurrence intense. C’est dans ce domaine que Microsoft devra réussir ces prochaines années pour justifier la valorisation plus élevée du titre. Pour ce segment, Microsoft prévoit une croissance des revenus comprise entre 25 % et 27 %, tirés par Azure.

Autre risque à considérer : l’absence de rendement escompté. Microsoft réalise des investissements importants dans des produits et services qui pourraient ne pas atteindre les succès attendus. Aussi attrayant que cela puisse paraître, le développement de nouvelles technologies reste un processus complexe pouvant nécessiter de longues périodes de développement et de test. Des retards importants dans les nouvelles versions ou des problèmes importants dans la création de nouveaux produits ou services pourraient avoir une incidence défavorable sur les revenus de l’entreprise.

Plus dans l’air du temps, notons également le risque que font peser les arrêts de production prolongés en Chine et la détérioration du marché des PC et consoles, des produits non essentiels qui pourraient être touchés par une période de récession.

Enfin, via mon analyse fondamentale, il apparaît clair que la valorisation de Microsoft est assez tendue, proche de ses plus hauts historiques. Cependant, la transition vers un modèle économique de services peut partiellement justifier les multiples élevés calculés plus haut. De plus, par rapport à ses concurrents comme Apple, Amazon ou Google, Microsoft reste relativement bon marché, surtout au regard de sa forte trajectoire de croissance.

Sources de l'analyse

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